19 novembre 2008

so long [novembre 08]

Le goéland plane au-dessus de l'océan. Ses ailes se déploient au fil d'un léger vent. Peu de battements en perspective en cette journée ensoleillée, ciel bleu et quelques nuages blancs.
Deux billes noires, ce sont ses yeux. Elles scrutent l'horizon, la courbe de la terre. Dans le reflet ces deux petites pierres, je vois le silence et la solitude des hautes mers.
Le goéland incline son aile droite, le voilà qu'il se laisse tomber vers l'eau.
Les vagues poursuivent le chemin des marées et j’entends leur froissement. Le ressac ressasse sans cesse ce qui se passe dans ma tête, celle du goéland. Ce sont les lois immuables de la nature, c’est moi le goéland.
Je prends une profonde inspiration, gonfle mes poumons et hume l'iode, mélangé à une odeur de sel et de sable lointain. L’iode, c’est l'odeur de la mer du Nord, celle des immeubles le long du littoral belge, dont les halls d'entrée sont chargés de molécules marines.
Le goéland ne connaît pas ces halls. Il sait seulement le vent, l'océan et l'immensité de son environnement.
Le goéland plonge maintenant. Il fend l'air, gagne en vitesse et pique la surface de l'eau. Dans une fraction de seconde, il en ramènera un poisson doré ou argenté. Quel goût ont les poissons fraîchement sortis de l'eau? Pas celui du sang ni de la chair, mais le goût du sel fin et des huîtres perlières.
[consigne: "aile au vent"]